Cage²
La Scala Paris
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris, France

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Bertrand Chamayou et la danseuse Elodie Sicard unissent leurs talents pour célébrer le génie du compositeur américain John Cage et ses pièces pour « pianos préparés ».

« Une palette aussi étrange qu’illimitée », par Bertrand Chamayou
« John Cage est depuis longtemps un de mes compositeurs de prédilection. J’ai toujours éprouvé un malin plaisir à glisser presque subrepticement aux détours de programmes plutôt classiques quelques-unes de ses fameuses pièces pour piano préparé, me permettant de me détourner de mon instrument originel, ou plutôt de le détourner – le piano préparé étant cette sorte d’étrange « machine à percussions » obtenue en plaçant entre les cordes du traditionnel piano divers objets afin d’en altérer la sonorité.
Si le fait de jouer ces musiques, de manier ce nouvel instrument à la manière d’un chef d’orchestre qui convoquerait de ses doigts ensorceleurs une palette de couleurs et de sons aussi étrange qu’illimitée, confine chez moi immanquablement à un certain état de griserie – ivresse des timbres et du spectre harmonique inattendu qui s’en dégage – et si je me suis toujours senti en pleine osmose avec l’esprit zen des Sonates et Interludes de 1948 par exemple, j’ai parfois eu plus de difficulté à trouver en concert l’élan, l’impulsion quasi primale des premières pièces, cette série de pièces courtes et variées composées très exactement pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Cherchant à comprendre pourquoi je n’arrivais jamais à exprimer pleinement la foisonnante substance que je percevais et pressentais dans ces partitions, il m’est apparu aussi soudainement que clairement, pendant une exécution de la « Bacchanale » à Rotterdam, que cette sensation de manque n’était pas nécessairement liée à un défaut d’interprétation mais qu’elle appelait en réalité un prolongement, celui d’un corps en mouvement. Ces pièces ont effectivement été conçues pour la danse. Plus exactement pour des solos de danseur/danseuse. A quelques exceptions près, les chorégraphies ont été perdues. A quelques exceptions près également (tout au moins à ma connaissance) ces pièces n’ont plus été données en version chorégraphiée.
L’évidence d’un tel projet, sous la forme d’un cycle où toutes ces pièces s’interpénétreraient, s’est confirmée dans mon esprit en voyant Les Alibis d’Elodie Sicard, et en trouvant en elle mon possible alter ego pour le réaliser. Quatre pianos préparées, afin de couvrir l’immense variété de « préparations » des divers opus (préparer et dé-préparer un piano peut prendre dans certains cas plus d’une heure, d’où la nécessité d’avoir plusieurs instruments afin de limiter le nombre d’actions), quatre pianos comme quatre points cardinaux délimitant le champ dans lequel le mouvement sera généré, dans lequel le corps traduira les vibrations sonores de cet univers singulier et fascinant. »